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Les
hormones peptidiques sont des molécules naturelles présentes
dans l'organisme de tous les êtres vivants et jouent un rôle
essentiel dans un grand nombre de fonctions biologiques. Elles agissent
en se liant à des récepteurs (protéines) situés
à la surface des cellules pour déclencher une activité
biologique. Dans ce vaste domaine de la recherche en chimie thérapeutique,
les chercheurs du Laboratoire des aminoacides, peptides et protéines1
(LAPP) se sont particulièrement intéressés à
une hormone peptidique présente chez les mammifères, la
bradykinine2. Celle-ci
est impliquée dans divers processus physiologiques et physiopathologiques
comme la douleur, les allergies (asthme, allergies chroniques, rhinites
allergiques), les inflammations chroniques (arthrose, colite, polyarthrite)
et aiguës (chocs septiques) et certaines maladies cardiovasculaires
(la bradykinine est un régulateur de la tension artérielle).
Les
scientifiques ont cherché à appréhender les mécanismes
d'action de la bradykinine et à en définir les éléments
chimiques essentiels à son interaction avec les récepteurs.
Il ont conçu des molécules capables d'interagir avec les
récepteurs de cette hormone, mais qui bloquent ou amplifient la
réponse biologique (ceci en fonction de la pathologie ciblée).
Ces molécules sont des antagonistes lorsqu'elles bloquent l'action
biologique de l'hormone et des agonistes si elles déclenchent son
activité. Elles peuvent aider à mieux définir le
rôle des hormones en général et de la bradykinine
en particulier dans certains processus physiologiques ou pathologiques.
Ces molécules servent également à construire de façon
rationnelle les médicaments de demain. Par exemple, un antagoniste
des récepteurs de la bradykinine pourrait agir contre la douleur,
les allergies, certaines inflammations, l'hypotension et même les
traumatismes crâniens (résorption d'dèmes cérébraux).
Un agoniste pourrait être utilisé comme adjuvant à
des thérapies anticancéreuses. En effet, des études
ont montré que la bradykinine permettait aux anticancéreux
d'atteindre plus facilement et sélectivement les tumeurs cérébrales,
en augmentant la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique.
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Modèle
d'interaction d'une hormone peptidique avec son récepteur.
D.R.
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À
partir de ces éléments, les chercheurs ont orienté
leurs travaux vers la conception d'antagonistes de la bradykinine actifs
par voie orale, pouvant être utilisés dans le traitement
des inflammations chroniques ou aiguës et douloureuses. Ils ont également
axé une partie de leurs recherches sur la mise au point de puissants
agonistes. Toutefois, l'utilisation médicale des peptides se heurte
à leur faible biodisponibilité (dégradation rapide,
faible absorption par voie orale) qui oblige le chercheur à convertir
ces peptides en molécules non peptidiques sans perte d'activité.
Par des modifications de la séquence de la bradykinine, l'un des
objectifs premiers a été atteint : concevoir de façon
rationnelle des antagonistes et des agonistes de la bradykinine en atténuant
progressivement leur caractère peptidique. Ces composés
sont des outils pharmacologiques importants pour évaluer le rôle
de la bradykinine dans les processus physiologiques et dans certaines
maladies. Ils pourraient ouvrir la voie à de nouveaux médicaments
anti-douleur.
1
CNRS-Universités Montpellier 1 et 2.
2
En collaboration avec le groupe de recherche pharmaceutique Fournier.
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