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Comment
faire face en toute sécurité à une croissance annuelle
de 7 % du trafic aérien sur le territoire français ? C'est
l'un des problèmes posés par le Centre d'études de
la navigation aérienne (CENA, Athis-Mons) au Laboratoire d'automatique
et de mécanique industrielles et humaines1
(LAMIH). Les chercheurs du LAMIH travaillent en effet depuis plus de dix
ans sur l'assistance au contrôle aérien, dans ses aspects
de coopération homme-machine.
Chaque
jour, les contrôleurs de la navigation aérienne doivent gérer
un nombre considérable de paramètres concernant plusieurs
vols, et ce dans une zone donnée que l'on appellesecteur : altitude,
direction, vitesse, destination, etc. Autant d'informations décuplées
en période de forte affluence. À la difficile gestion de
ces surcharges de trafic aérien, s'ajoutent des facteurs psychologiques
que les contrôleurs doivent maîtriser.
Les
travaux du LAMIH ont pour objet de définir et d'évaluer
expérimentalement des aides actives qui pourraient assister ces
opérateurs pendant les périodes de surcharge.

© LAMIH/CENA
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Vue
Radar de la plate forme AMANDA V2. |
Carnet
de bord : un simulateur de trafic et des outils d'aide.
Les
chercheurs du LAMIH ont travaillé sur une plate-forme logicielle
développéeà l'Université de Valenciennes et
intégrant d'une part, un simulateur de trafic aérien, et
d'autre part, un système de résolution de conflit aérien.
En février 1995, ils ont pu expérimenter, avec le concours
des contrôleurs de Reims, une stratégie qui consiste, lors
de pointes de trafic,à répartir les différentes tâches
entre les contrôleurs et la machine. Le trafic ainsi géré
en simulation, pouvait atteindre le double de la situation normale. Mais
d'un autre côté, les stratégies de la machine permettant
de résoudre un conflit gênaient parfois les contrôleurs
dans la résolution des problèmes qui leur étaient
confiés ; de plus, les contrôleurs avaient tendance à
moins bien surveiller les tâches qu'ils avaient confiées
à la machine, ce qui aurait posé des problèmes de
sécurité à long terme. Ces inconvénients nécessitaient
de lancer d'autres expérimentations.
Un
autre axe de recherche est donc actuellement exploré : la délégation
de tâche. Le principe consiste ici à laisser le contrôleur
définir les problèmes à résoudre et les stratégies
à mettre en uvre (par exemple, faire tourner un avion derrière
un autre pour éviter un risque de collision), puis d'en informer
la machine. Celle-ci calculera alors les instructions nécessaires
pour résoudre le problème et le contrôleur aura le
choix entre effectuer lui-même le travail, ou le déléguer
à la machine tout en la supervisant afin de garantir la meilleure
sécurité.
Ce
projet sera expérimenté en 2001, sur le simulateur de l'Université
de Valenciennes avec des contrôleurs du centre de Bordeaux.
1
CNRS-Université de Valenciennes.
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