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Les
accidents vasculaires cérébraux (AVC ou "attaque cérébrale")
sont la troisième cause de décès dans le monde industrialisé
et la première cause d'invalidité. Un simple petit caillot
dans le cerveau peut rendre invalide de façon irréversible.
À ce jour, il n'existe aucun traitement véritable des AVC
chez l'homme. Toutefois, les résultats des travaux de l'Unité
"Mort neuronale, neuroprotection et neurotransmission"1
du CNRS pourraient redonner de nouveaux espoirs aux malades.
Depuis
sa création en 1997, l'équipe "Mécanismes moléculaires
de la mort neuronale"2,
a comme objectifs : de définir les mécanismes de défense
mis en place par le cerveau suite à un AVC ; de développer
des stratégies thérapeutiques visant à augmenter
les effets bénéfiques ou à limiter les effets néfastes
de ces mécanismes.
Suite à l'obstruction d'une artère du cerveau par un caillot,
les neurones privés d'oxygène, meurent en libérant
une quantité excessive d'une molécule normalement impliquée
dans la communication entre les neurones : le glutamate. En interagissant
avec des récepteurs membranaires présents sur les neurones,
le glutamate déclenche une cascade de réactions néfastes
qui conduit à la mort des neurones. Ainsi le glutamate contribue-t-il
à l'extension des lésions cellulaires vers des zones saines
du cerveau.

D.R.
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Cultures
de neurones corticaux de souris.
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Le
travail des scientifiques a permis d'identifier une protéine agissant
de concert avec le glutamate et qui contribue à l'aggravation des
lésions tissulaires consécutives à un accident vasculaire
cérébral : l'activateur tissulaire du plasminogène
(t-PA). Principalement connu pour son rôle dans la coagulation sanguine,
le t-PA est également présent au niveau du cerveau où
il semble jouer un rôle important dans les processus cellulaires
impliqués dans les phénomènes de mémorisation.
Lors d'une attaque cérébrale, le t-PA est libéré
par les neurones en souffrance et augmente les effets néfastes
du glutamate sur la survie des neurones. En effet, cette protéine
modifie une partie d'un récepteur membranaire du glutamate et augmente
la toxicité du glutamate.
Alors qu'aux états-Unis, le t-PA sert en clinique humaine à
détruire les caillots sanguins responsables des attaques cérébrales,
les résultats publiés dans Nature Medicine remettent
en cause son utilisation dans le traitement des accidents vasculaires
cérébraux chez l'homme. Dans un futur proche, les chercheurs
devraient pouvoir proposer de nouvelles pistes thérapeutiques pour
le traitement des accidents vasculaires cérébraux. Par ailleurs,
ils devraient également développer de nouveaux outils de
diagnostic des maladies neurodégénératives par des
techniques d'imagerie cérébrale chez l'homme.
Référence :
The
proteolytic activity of tissue plasminogen activator enhances NMDA receptor-
mediated signaling. Olivier Nicole, Fabian Docagne, Carine Ali, Isabelle
Margaill, Peter Carmeliet, Eric-Thomson MacKenzie, Denis Vivien and
Alain Buisson. Nature Medicine. January 2001, vol. 7 p. 59.
L'Unité
" Mort neuronale, neuroprotection et neurotransmission "
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L'Unité
"Mort neuronale, neuroprotection et neurotransmission"*
(CNRS-Université de Caen) est localisée sur le site
du campus Jules Horowitz à Caen. Son objectif est d'identifier
les mécanismes physiologiques, biochimiques et moléculaires
qui conduisent à la mort neuronale dans les pathologies
neurodégénératives aiguës et chroniques.
à l'heure actuelle, les possibilités thérapeutiques
dans ce domaine restent très limitées. Les recherches
visent à élucider les mécanismes cellulaires
et moléculaires de ces pathologies afin d'élaborer
de nouvelles stratégies pour limiter la dégénérescence
neuronale. L'unité apporte également un éclairage
nouveau sur le fonctionnement et le rôle de certains systèmes
dans des conditions physiologiques normales. L'unité regroupe
quatre équipes :
"Mécanismes
moléculaires de la mort neuronale" - Responsables
: Alain Buisson et Denis Vivien. Objectifs : étudier
le rôle de cytokines dans les pathologies aiguës
ou neuro- dégénératives du système
nerveux central ; déterminer in vitro les mécanismes
d'action à l'origine de leurs effets biologiques et valider
ces données sur des modèles animaux reproduisant
ces pathologies.
"Mécanismes
cellulaires de la mort neuronale" - Responsable : Dominique
Duval. Objectifs : étudier les mécanismes d'adaptation
métabolique des cellules cérébrales à
un stress oxydatif aigu ou chronique ; mettre en évidence
le rôle joué par le métabolisme du glutathion
et les enzymes contrôlant l'homéostasie des groupements
thiols protéiques dans les mécanismes de neuroprotection
; étudier les effets neuroprotecteurs in vitro ou in
vivo des antioxydants ou des donneurs de groupements thiols.
"Ischémie
cérébrale focale : mécanismes vasculaires
et métaboliques" - Responsables : Edwige Petit et
Simon Roussel. Objectifs : déterminer les altérations
des mécanismes hémo-dynamiques (régulation
de la perfusion et néoangiogenèse) dans la pénombre
ischémique et les moyens d'améliorer le rapport
disponibilité/demande énergétique.
"Relations
entre activité, métabolisme et débit sanguin
cérébraux" - Responsable : François
Dauphin. Objectifs : préciser la physiologie et la pharmacologie
des mécanismes de couplage entre activité cérébrale,
métabolisme et débit sanguin cérébral
au repos et en condition d'activation ; étudier l'impact
des pathologies ischémiques et neurodégénératives
sur le couplage et le rôle des altérations du couplage
sur les mécanismes de dégénérescence-regénérescence.
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Dirigée par Eric-Thomson MacKenzie, secondé par
André Nouvelot en charge des relations avec l'Université
de Caen.
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1
CNRS-Université de Caen.
2
Cette équipe, co-dirigée par Alain Buisson et Denis Vivien,
fait partie de l'Unité "Mort neuronale, neuroprotection
et neurotransmission" du CNRS
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