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Les
colorations et les formes variées des minéraux constituent
une part importante de notre univers visuel, façonnant des surfaces
continentales étendues et donnant la couleur caractéristique
aux surfaces des planètes et satellites telluriques. Ils sont souvent
utilisés comme analogues des pigments synthétiques, permettant
d'en estimer la stabilité et la réactivité. La diversité
des minéraux donne l'occasion d'aborder la plupart des processus
de coloration habituellement rencontrés dans les matériaux
inorganiques. Les minéraux à éclat métallique
regroupent des métaux natifs, comme l'or ou l'argent, et surtout
des sulfures, minéraux semi-conducteurs essentiellement utilisés
comme minerais. On peut ainsi citer l'exemple de la pyrite, sulfure de
fer que l'on peut rencontrer depuis les roches magmatiques jusqu'aux sédiments
actuels.
Au
voisinage de ces minéraux opaques, se retrouvent des minéraux
semi-conducteurs semi-transparents, dans lesquels les longueurs d'onde
les plus courtes seront absorbées, créant des pigments particulièrement
efficaces : c'est par exemple le cas du vermillon, sulfure de mercure
naturel (cinabre). Cependant, la plupart des minéraux rencontrés
dans la nature sont des composés isolants, dont la coloration provient
d'éléments de transition, constituants majeurs du minéral
ou éléments mineurs en substitution dans la structure.
Les minéraux les plus purs sont ainsi naturellement incolores et
sont souvent appréciés pour cette propriété
: c'est le cas du quartz ou cristal de roche. Les éléments
de transition absorbent la lumière dans des zones spécifiques
du spectre visible, en relation avec le degré d'oxydation et le
site occupé par les impuretés. Les éléments
de la famille du fer sont les colorants les plus efficaces. Les couplages
magnétiques entre les éléments de transition présents
dans un minéral intensifient les processus d'absorption comme dans
le cas des oxydes de fer, pigments efficaces des sols et des sédiments
qui en dérivent, mais aussi colorants des matériaux de construction
fabriqués à partir de ces matières premières.
Les transferts de charge entre oxygènes et cations de transition
donnent naissance à des colorations très intenses en raison
de leur caractère autorisé. De tels processus de transferts
de charge sont également observés entre cations qui peuvent
se trouver sous plusieurs degrés d'oxydation, indiquant une covalence
étendue dans les liaisons chimiques. C'est le cas de la magnétite,
minéral qui donne leur couleur noire aux basaltes.
Les dégâts d'irradiation sont également une cause
importante de coloration, formés par la désintégration
des radio-isotopes de courte durée de vie, généralement
piégés pendant la croissance du minéral ce qui donne
naissance à des zones de couleur. Ces centres ont une stabilité
thermique limitée et leur nature chimique a été étudiée
dans certains minéraux, comme le quartz ou la fluorine, montrant
la présence de groupements moléculaires ou de défauts
associés à des impuretés comme les terres rares,
les éléments de transition (le fer dans le cas de l'améthyste).
Enfin, les causes physiques de la coloration des minéraux donnent
les propriétés spécifiques des perles (diffusion
de lumière) ou des opales (diffraction par un empilement de particules
de taille voisine de la longueur d'onde de la lumière visible).
Pour conclure, les processus de coloration ne dépendent pas de
la nature cristalline d'un matériau (rôle des éléments
de transition, transferts de charge, dégâts d'irradiation,
processus physiques, opalescence). Les verres montrent les mêmes
types de couleurs que les minéraux.
Des documents photographiques sont accessibles sur demande
à la collection de minéralogie de l'Université Paris
6, Laboratoire de minéralogie-cristallograhie de Paris. Adresse
du serveur : http://www.lmcp.jussieu.fr
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