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Une
équipe de chercheurs du CNRS et de l'Université de Rouen1,
en collaboration avec deux équipes de Wageningen (Pays-Bas), a
franchi une étape importante dans le domaine de l'immunothérapie.
Elle est parvenue à reproduire partiellement chez une plante transgénique
un processus métabolique propre à l'homme, phase significative
dans la production d'anticorps. Ces résultats publiés dans
la revue américaine PNAS, apportent une contribution notable dans
la compréhension des mécanismes permettant l'utilisation
de plantes génétiquement modifiées pour la production
de nouveaux médicaments.
Les
thérapies à base d'anticorps ou immunothérapies connaissent
un essor considérable. Plus d'une centaine d'études cliniques
sont en cours pour le traitement de diverses pathologies (désordres
immunitaires, maladies inflammatoires, cancers, maladies infectieuses
).
Ces thérapies requièrent l'administration de quantités
importantes d'anticorps nécessitant la mise en place de procédés
de production en masse, peu coûteux et exempts de risques sanitaires.
Actuellement, la production d'anticorps chez des plantes transgéniques
apparaît être une des voies prometteuses pour répondre
à cette demande. Les anticorps sont des protéines de défense
produites exclusivement par les mammifères, et seule la création
d'un organisme génétiquement modifié permet la synthèse
d'anticorps chez la plante.
Les travaux réalisés au cours des dix dernières années
ont montré que les plantes transgéniques sont capables de
synthétiser de nombreuses protéines recombinantes complexes,en
particulier des anticorps. Par ailleurs, il a été démontré
que l'usage de ces molécules recombinantes à visées
thérapeutiques, produites dans des plantes transgéniques,
ne présente aucun risque de contamination par des pathogènes
dangereux pour la santé humaine, qu'il s'agissede virus ou de prions.
Aujourd'hui, le principal frein à une utilisation plus généralisée
du système végétal pour la production d'anticorps
destinés à soigner l'homme résulte d'une différence
structurale induite par le processus de glycosylation entre le mammifère
et la plante transgénique. Ce processus se traduit par un ajout
d'un résidu glucidique à la protéine ; dans certains
cas, ce stade est impératif pour que des anticorps soient actifs.
On comprend donc mieux la nécessité de pallier ce problème,
dernier obstacle à la production de protéines humaines totalement
compatibles avec une application thérapeutique chez l'homme.
Les travaux qui viennent d'être réalisés par les chercheurs
du Laboratoire "Signaux et régulations chez les végétaux",
et les chercheurs de Wageningen ont permis de modifier le métabolisme
glucidique de plantes de tabac transgénique. Ainsi remaniées,
ces plantes ont ensuite été croisées avec des plantes
transgéniques exprimant un anticorps. L'analyse de l'anticorps
produit par des plantes de tabac issues de ce croisement a montré
que la molécule recombinante présente une glycosylation
partiellement humanisée.
Ces résultats constituent une avancée majeure vers la production,
dans des plantes transgéniques, de protéines identiques
à celles présentes dans l'organisme humain.
Référence :
H.
Bakker, M. Bardor, J. Molhoff, V. Gomord, I. Elbers, L. Stevens, W.
Jordi, A. Lommen, L. Faye, P. Lerouge and D. Bosch. Galactose-extended
glycans of antibodies produced by transgenic plants. Proc. Natl.
Acad. Sci. USA. 10, 1073 (2001).
1 Laboratoire "Signaux et régulations
chez les végétaux", Unité mixte de recherche
CNRS-Université de Rouen dirigée par Loïc Faye.
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