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Le
mercredi 8 août 1945, des journaux titraient sur une importante
"première scientifique". Il s'agissait en fait d'une
preuve (trop) éclatante du pouvoir des sciences, l'anéantissement
de la ville d'Hiroshima par la première explosion d'une bombe nucléaire
!
Cinquante ans plus tard, notre vision des sciences a perdu en fascination
devant les prouesses technologiques et a gagné en respect des citoyens.
D.R.
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Signe
des temps, les cafés des sciences ont succédé aux
solennelles conférences données par des professeurs prestigieux.
Ces cafés, dans lesquels on débat de questions du public
dans un cadre convivial, ont connu un rapide succès, et une vingtaine
de villes de France en organisent aujourd'hui.
À
Lyon, une association a été créée pour permettre
aux chercheurs et aux non-scientifiques de préparer ensemble les
sujets traités. Cette structure, qui comporte un permanent et une
soixantaine de membres, tente plus globalement d'améliorer le dialogue
entre science et société, en organisant des cafés
dans des lycées et des conférences citoyennes "locales"
à la demande de citoyens préoccupés par des problèmes
concrets (dangers des antennes des téléphones portables,
pollution de l'eau...).
La
question du contrôle démocratique des développements
techno-scientifiques est donc posée : comment concilier connaissances
techniques, apanage d'un petit nombre d'experts, et décision démocratique,
qui doit nécessairement impliquer le plus grand nombre, forcément
profane ?
Cette
"nouvelle" forme de vulgarisation, centrée sur les questionnements
des non-scientifiques, a été tentée dans un livre1
de vulgarisation de la physique de la matière. Il est intéressant
de renverser l'approche habituelle, qui part de la "véritable"
constitution du monde en disant "voilà, les scientifiques
ont montré que toute la matière est faite d'atomes",
et essaye ensuite de montrer comment ces atomes permettent de" remonter"
à la matière quotidienne, donnant ainsi une explication
scientifique du monde.
Il vaut mieux partir de notre monde habituel, tel que nous l'observons
sans instruments scientifiques, en essayant d'en rendre la description
aussi attachante que possible, grâce au concours de poètes
et d'artistes ou de considérations économiques et écologiques.
Une
fois cette richesse de la matière quotidienne bien établie,
il devient possible de comprendre comment les physiciens construisent
leur propre vision de la matière. Ils considèrent que les
mathématiques sont la seule source de savoir véritablement
sûr : 2 + 2 feront 4 quoi qu'on en dise. Les physiciens rêvent
d'établir de telles certitudes à propos de la matière,
et ils utilisent des atomes, particules qui servent de "pont"
entre notre matière quotidienne et les beaux raisonnements des
mathématiques.
Ce
renversement de perspective permet de mieux insérer la physique
dans notre culture commune, car les atomes n'apparaissent plus comme des
particules quasi-magiques, tombant du ciel, mais comme des entités
construites pour répondre aux exigences des physiciens.
On
comprend mieux ainsi la puissance et les limites de l'approche physicienne
de la matière, et - point essentiel pour la vulgarisation ! - dans
quelle mesure elle est (ou pas !) pertinente pour les non-scientifiques...
1)
Pablo Jensen. Entrer en matière Les atomes expliquent-ils le monde
? Éd. du Seuil, collection "Science Ouverte", février
2001.
Pour
en savoir plus, voir le site Internet : http:/
/www.1001-sciences.org
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