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L'image
de la science transmise par les médias ou appréhendée
par le public est souvent alimentée par les découvertes
qui "améliorent notre quotidien" (un nouveau vaccin)
ou qui "révèlent des aspects mystérieux de la
nature" (la Terre il y a quelques millions d'années). Tout
cela contribue à une image idéalisée de la recherche
relativement distante des problèmes de la société.
La communication publique des sciences de l'environnement, celle de la
climatologie en particulier, a un statut propre car elle est perçue
différemment. En effet, les résultats qu'elle présente
ne prêtent pas toujours à la rêverie.
Parmi
les diverses branches que comptent les sciences de l'environnement, les
prévisions de l'impact climatique des activités humaines
jouissent d'une très grande "popularité" auprès
du public. Pour preuve, les records de température suscitent un
engouement croissant chez les Français. De même, ils s'interrogent
de plus en plus sur les éco-taxes. Certes, cet aspect est important
à transmettre car il peut avoir des implications sur l'évolution
de notre société, mais il ne correspond pas à l'image
courante de la recherche. Les résultats peuvent remettre en question
le développement de notre société de même que
les découvertes scientifiques ont été en partie responsables
de l'industrialisation des économies et de notre niveau de vie
actuel.
Le
scientifique doit-il avouer publiquement ses doutes ?
La
quantification des modifications de l'environnement causées par
l'activité de l'homme doit inclure les barres d'erreur liées
aux limites de nos connaissances du système climatique et des incertitudes
sur les réactions de la société aux nouveaux risques.
Ces notions sont complexes et difficiles à expliquer. Pourtant,
il est important de connaître ces incertitudes afin de tirer des
conclusions correctes des résultats de la recherche.
Lors
de la "confrontation" avec le grand public, et avec les journalistes
en particulier, le scientifique perçoit très vite la frustration
de son interlocuteur, car il ne propose pas "le" grand résultat
spectaculaire du siècle. Il ne peut avancer que des tendances climatiques
prévues sur le long terme et affectées par une certaine
marge d'erreur. Le lien avec les événements météorologiques
actuels qui lui est demandé ne peut pas toujours être fait
de façon objective : à partir de combien d'événements
extrêmes peut-on affirmer que l'on est en présence d'une
tendance, voire dans la marge d'incertitude d'une tendance prévue
? Le jour où la preuve pourra être apportée, la prévision
sera devenue réalité et il sera trop tard !
Chercheur-citoyen
ou citoyen-chercheur ?
La
question que tout un chacun peut se poser est la suivante : quelles actions
la société doit-elle mener pour éviter les scénarios
les plus défavorables ? Le climatologue en tant que chercheur n'est
pas toujours apte à répondre, mais en tant que citoyen,
il est libre de se prononcer. Mais alors, il est face à un dilemme
: ou bien, il choisit de quitter le domaine de la science et d'exprimer
son avis ; ou bien, il se dédouane en renvoyant la question vers
les économistes, les sociologues ou les politiciens.
Le
chercheur est-il responsable de ses découvertes ?
Le
scientifique devrait parfois avoir le courage de descendre du piédestal
sur lequel on le place, pour donner son avis tout en précisant
bien qu'il s'exprime en tant que citoyen. Si l'on veut prendre au sérieux
la responsabilité du chercheur dans le domaine des sciences de
l'environnement, il est inévitable de rentrer dans le débat
sur l'utilisation de l'environnement par notre société.
Si les chercheurs ne font pas ce pas, ils devront accepter et assumer
les reproches de "non-assistance à société en
danger" quand les impacts du changement climatique se feront sentir.
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