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Dans
la nuée d'interférences qui s'exercent entre arts et sciences,
il en est une qui ne vient pas a priori à l'esprit : celle qui
associe la caricature ou le dessin à la chimie. Pourtant, la rencontre
de ces deux mondes eut lieu au siècle dernier. Elle eut son apogée
entre 1850 et 1914 et produisit toute une pléiade d'images qui
ne manquaient ni de poésie, ni de piquant.
D.R.
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D.R.
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Pourquoi
cette rencontre ?
L'art
du dessin de presse était alors à son apogée et les
progrès récents de la chimie en avaient fait une véritable
vedette populaire. Des centaines de "travaux d'artistes" mettent
en scène la chimie de leur époque : dessins, gravures, caricatures,
illustrations de presse, écrits de chansonniers et de journalistes.
Ces illustrations se révèlent être aujourd'hui de
bons indicateurs de la place privilégiée qu'occupait alors
la chimie dans la vie quotidienne de toute la population.
Du
goudron de houille aux colorants de synthèse en passant par les
médicaments
Après
la "révolution chimique" de la dernière partie
du XVIIIe siècle, le XIXe
siècle voit s'accumuler les acquis de la chimie fondamentale. La
pratique de la chimie connaît un formidable essor avec de très
nombreuses applications : "soude factice" ou carbonate de sodium,
eau de Javel, savon, bougies stéariques, gaz d'éclairage
vont envahir et bouleverser la vie quotidienne de tous, plus vite que
ne le feront d'autres pratiques scientifiques.
La
chimie et ses applications deviennent une science populaire qui suscite
à la fois admiration et crainte. La presse illustrée de
l'époque a bien restitué de la chimie une représentation
forte, caustique, parfois inattendue mais jamais banale.
Au
fil des siècles, l'image d'épinal du chercheur scientifique
a heureusement été transformée. Mais selon l'actualité,
certains continuent toujours à se méfier de ce "magicien
de la matière, descendant d'alchimiste" que l'on compare volontiers
à un savant fou.
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L'exposition
"Humour et cornues, graphismes acides d'une chimie souriante"
a été réalisée en 1996, à partir
de la collection de Georges Bram, en collaboration avec Alain Després,
et avec l'aide du dépar-tement des sciences chimiques du
CNRS et de l'université Paris-Sud.
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