Profession : chargé de communication en région - Volet n° 2 : Provence
Communication en région et vulgarisation scientifique


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Le développement de la culture scientifique est à l'ordre du jour chez les décideurs nationaux, régionaux et locaux. Le CNRS, sans cesse sollicité dans ses délégations, s'appuie sur les compétences des chargés de communication. Communiquer en région, c'est créer une interface entre la communauté scientifique, le public et les médiateurs professionnellement reconnus (Centres de culture scientifique technique et industrielle, journalistes...).

Il serait faux de penser que le terrain est pauvre et en jachère. Le spectateur a sans doute une vision erronée d'un vaste " chantier " où une multitude de protagonistes s'affairent. Les matériaux sont riches et diversifiés, mais le résultat n'est pas toujours lisible. Le chargé de communication en région joue donc, pour reprendre une expression chère aux chimistes, un rôle de catalyseur, adapté à la fois au terreau et aux objectifs à atteindre.
Son premier travail consiste à faire un état des lieux de l'"existant". Il cherche à collecter toutes les informations sur les opérations menées à l'échelle nationale comme régionale. Et il en identifie les intervenants1 et les organisateurs : ce sont les scientifiques qui prêchent de façon plus ou moins régulière une parole de diffusion de la science auprès d'un public non-spécialiste et les intermédiaires qui montent des projets et réunissent les fonds nécessaires pour créer l'événement (conférences, débats, ateliers, visites de laboratoires, expositions, émissions radios).
Ses interlocuteurs sont très divers : institutions spécialisées comme les musées (mondes associatifs aux multiples visages culturel, social, citoyen, technologique, éducatif…), organismes de recherche et d'enseignement, collectivités (locales, départementales, régionales), scientifiques ou journalistes.
Pourtant, malgré cette profusion d'acteurs, on peut regretter le peu de programmes réguliers susceptibles de fidéliser un large public, des modes d'information très fragmentaires et une apparente absence de synergie entre les actions. Quand on interroge les scientifiques sur leur pratique, ils parlent d'un investissement tout personnel et d'un manque de moyens et de reconnaissance. Ils soulignent également la nécessité d'utiliser les nouvelles technologies de la communication pour construire un portail régional qui réunirait les informations sur les actions et les partenaires.

Existe-t-il un profil type du chargé de communication en région ?
Dans ce contexte, le chargé2 de communication en région est constamment sollicité par les instances régionales. Sa propre trajectoire professionnelle peut alors "être source d'inspiration". Son éventuel parcours scientifique, sa connaissance du milieu universitaire régional, sa participation au lancement d'un Centre de culture scientifique technique et industrielle, aux projets "Passion recherche"3 de l'Académie, sont autant d'éléments qui le prédisposent à une réflexion collective sur la culture et la vulgarisation scientifiques.
De plus, laboratoires et chercheurs attendent qu'il soit l'une des courroies de transmission de leurs actions mais aussi de leurs préoccupations : demande de valorisation du travail effectué et de moyens spécifiques.
Et là, la connaissance des centres d'intérêt des media et des publics est indispensable. Le chargé de communication peut apporter, via sa délégation, une aide financière, un appui logistique dans de grandes opérations ponctuelles comme la "Fête de la Science" et une formation aux outils de la vulgarisation scientifique.

Des opérations de communication...

... en délégation " Provence " du CNRS
La remise de distinctions comme la médaille de Bronze du CNRS est l'occasion de mettre en valeur un laboratoire, ses pôles d'excellence et sa position au sein d'un réseau scientifique local aux implantations géographiques très nombreuses et parfois peu lisibles par le grand public. En l'an 2000, trois lauréats ont été récompensés sur trois sites : le groupe de Laboratoires de Marseille (CNRS), Vieille Charité (EHESS), Luminy (Université). Trois thématiques étaient ainsi à l'honneur : neurosciences, économie, génétique.

L'organisation à Marseille d'un séminaire européen sur le projet de Grille de Calcul "Data-Grid" a fait l'objet d'une communication spéciale en direction des laboratoires d'autres disciplines pour les sensibiliser à l'opportunité d'une action concertée. Cette opération de communication a permis de souligner, auprès des autorités locales, l'importance de l'instal- lation d'infrastructures de lignes à haut débit pour répondre aux avancées des NTIC dans l'aire marseillaise.


La délégation...

... "Provence" en bref
La Délégation "Provence" du CNRS couvre quatre départements de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur : Alpes de Haute-Provence, Hautes Alpes, Bouches du Rhône et Vaucluse. Les deux départements de la Région Corse y sont rattachés. L'ensemble regroupe 7 % du potentiel national de l'organisme répartis au sein d'une centaine d'unités de recherche gérées pour la plupart en partenariat avec les établissements universitaires, où collaborent plus de 4 000 personnes dont 1 800 agents du CNRS.

Source : site de la Délégation "Provence" du CNRS, mai 2001, http://www.dr12.cnrs.fr


1) En ne répertoriant comme intervenants que des chercheurs et le personnel "Ingénieurs, techniciens et administratifs" (ITA) de la délégation "Provence" du CNRS, on compte entre 250 et 300 participations annuelles.

2) Jeanne Berger est chargée de la communication de la délégation "Provence" du CNRS. Elle a largement participé au démarrage du Centre de culture scientifique technique et industrielle "Provence Méditerranée".

3) Voir l'article "En avant la science ! La relève scientifique du nouveau millénaire" page 47.