Profession : chargé de communication en région - Volet n° 3 : Rhône-Alpes
La science à l'école primaire : un remède contre la désaffection scientifique ?


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La catastrophe d'origine naturelle W, la catastrophe d'origine humaine X, le virus Y, la pollution Z,… bien rares sont les calamités de l'humanité où aujourd'hui les scientifiques ne sont pas accusés de mille maux : qu'ils aient agi ou non, qu'ils aient dit ou tu, qu'ils aient tenté ou non… La science a mauvaise presse dans une large part de l'opinion publique. Cet élément, même s'il n'est pas le seul, joue de toute évidence un rôle dans la désaffection actuelle des lycéens ou collégiens pour les métiers de la science.

Les jeunes pensent, à tort, que d'autres filières, jugées plus faciles et potentiellement plus rémunératrices que les sciences exactes, n'attendent qu'eux. à leur décharge, il faut avouer qu'il y a une quasi-unanimité pour reconnaître que l'enseignement des sciences, dans le primaire essentiellement, est inadapté. Face à ce sombre constat, les réactions ne se sont pas fait attendre et de grandes " signatures " scientifiques ont initié de nombreux projets. C'est le cas, par exemple, de Georges Charpak, prix Nobel de physique, avec l'opération "La Main à la Pâte" lancée en 1996 et qui s'adresse aux écoles primaires. En l'an 2000, le ministère de l'éducation nationale a, pour sa part, annoncé une réforme de l'enseignement scientifique dans le primaire.
Ces deux actions, très complémentaires dans l'esprit sinon la forme, remettent le cap de l'enseignement scientifique en direction de la science expérimentale. Sur des exemples bien choisis de l'environnement quotidien, apprendre aux enfants à observer, à raisonner logiquement pour arriver à la formulation d'hypothèses puis à leur vérification, telle est la logique globale de ces enseignements. Si l'on ajoute la tenue d'un cahier où l'enfant consignera toutes ses observations et son cheminement, on n'est pas éloigné de l'approche du chercheur.

Quelles qualités doit-on avoir pour animer un atelier scientifique ?
Le chercheur est probablement le plus apte à développer et animer des ateliers destinés aux enfants. Il doit toutefois maîtriser deux éléments clefs de son intervention : un langage accessible aux enfants et des expérimentations ludiques et tout cela, sans rien perdre de sa rigueur scientifique. Si pour beaucoup d'enseignants du supérieur et de chercheurs, leur pédagogie est adaptée à un enseignement vers des pairs ou des étudiants, ils sont parfois à des années-lumière d'une bonne maîtrise des techniques de la communication vers le grand public en général et plus particulièrement vers les enfants. C'est là que peut intervenir le chargé de communication en région en orientant les intéressés vers des formations à la médiation scientifique qui commencent à se mettre en place dans plusieurs villes universitaires.

L'an dernier, quelques enseignants du primaire de Savoie ont suivi une formation de ce type et la demande est encore plus importante cette année. Il faudrait également intervenir plus en amont dans la formation initiale des maîtres (en collaboration avec les Instituts uni-versitaires de formation des maîtres). En résumé, les chercheurs devraient s'investir davantage et "plaider la cause de la science", non seulement auprès des enfants et des enseignants, mais aussi des parents. Alors, les potaches potentiellement intéressés par les filières scientifiques feront peut-être leur retour en force et cesseront de dénigrer les sciences dites "exactes". En d'autres termes, c'est un appel aux chercheurs à "mettre la main à la pâte" et une invitation au citoyen à "goûter des sciences".

 

Témoignage...

... de Pierre Aldebert
Début 1999, alors qu'il n'existait aucune opération de ce genre dans les écoles primaires de l'Académie de Grenoble, j'ai mis au point un certain nombre d'ateliers que j'ai présentés depuis dans plusieurs dizaines de classes, du cours préparatoire au cours moyen, sous le titre générique de "Goûters des Sciences". J'y développe une approche construite de la physico-chimie de l'eau qui va des bulles au mélange eau-huile, de l'eau emprisonnée dans les gels aux mousses, sans oublier les changements de couleur en milieu acido-basique…

L'aspect ludique repose sur le choix de mes matériaux d'expérience qui ont pour nom : cola, mayonnaise, mousses, dessert, bonbons gélifiés, choux-rouge ou cassis… ce qui justifie le nom de l'opération. Ces ateliers puisent leur inspiration dans la "leçon de choses" d'autrefois agrémentée d'une démarche pédagogique fondée sur une logique de recherche…

En ma qualité de chargé de communication en région, j'ai peu à peu construit un réseau de chercheurs correspondants de communication dans les laboratoires (une quarantaine environ). Ils m'aident à faire remonter l'information et je les associe aux nombreuses manifestations organisées par la délégation "Rhône-Alpes". à titre d'exemple, j'ai participé avec Annie Viallat du Laboratoire de spectrométrie physique (LSP, CNRS-Université Grenoble 1) à la Journée des femmes (8 mars 2001) pour engager un dialogue avec les lycéennes et les inciter à embrasser une carrière scientifique.


 

Affiche :
La Mayonnaise est un spectacle tout public d'humour scientifique conçu à partir d'une idée originale de Pierre Aldebert : Un savant, chimiste et physicien au CNRS, a décidé de mettre ses connaissances à la portée de tous. Il organise un spectacle-conférence faisant intervenir des sujets d'expérience : Agathe la Goutte d'Eau et Chouchou le Chou Rouge. Le thème de prédilection du Professeur est le difficile mélange de l'huile et de l'eau.

D.R.


La délégation...

... "Rhône-Alpes" en quelques chiffres

  • 200 unités, tous types confondus pour 1 650 sur le territoire national
  • 168 laboratoires de recherche
  • 32 regroupements d'unités pour 269 sur le territoire national (12 %)
  • 75 % des laboratoires sont des unités mixtes de recherche
  • près de 9 370 personnes présentes dans les unités du CNRS dont un peu plus de 60 % non CNRS
  • environ 2880 agents permanents parmi environ 3 550 agents CNRS
  • parmi les agents permanents, la région Rhône-Alpes représente environ 12 % des agents
    sur l'ensemble du territoire national (24 500 agents permanents)
  • 1 380 MF de budget régional

    Source : site de la Délégation "Rhône-Alpes" du CNRS, mai 2001, http://www.rhone-alpes.cnrs.fr

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