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Des
chercheurs du Laboratoire de physique et modélisation des milieux
condensés1 (LPM2C)
et du Laboratoire de géophysique interne et tectonophysique1
(LGIT) ont analysé les enregistrements de séismes pour étudier
les propriétés des ondes sismiques. Les données ont
été obtenues sur un réseau de sismographes déployé
près de Chilpancingo au Mexique pendant une période de trois
mois. Onze tremblements de terre locaux de magnitude supérieure
à 4 sur l'échelle de Richter ont donné lieu à
des enregistrements de coda sismique d'une durée
de plusieurs centaines de secondes et des analyses originales des signaux
obtenus ont pu être réalisées.
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La
ville de Bujh en Inde a été largement détruite
par le récent séisme de Gujarat de janvier 2001. La
durée des vibrations joue un rôle important quant aux
dégats sur les structures.
D.R.
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Depuis
environ 30 ans la coda est généralement
attribuée aux échos du tremblement de terre sur les inhomogénéités
de la croûte terrestre, les échos sur les diffracteurs lointains
expliquant l'arrivée tardive des ondes. Pourtant un autre modèle,
supposant une croûte terrestre fortement hétérogène
résultat de la longue histoire des déformations internes
de la planète, permet d'en expliquer également bien les
caractéristiques. Dans ce modèle, la coda est la marque
de diffusions multiples d'ondes sismiques un peu comme lorsque l'on claque
des mains dans un milieu très réverbérant2.
Pour un tremblement de terre, le processus de diffusions multiples mélange
les différents modes de vibrations de la croûte terrestre
et ceci indépendamment du fait que la source excite des modes bien
particuliers. Chaque mode de vibration est alors "équiprobablement"
présent. On parle d'équipartition des modes de vibration
qui implique que des rapports d'énergies3
sont constants dans le temps et indépendants du tremblement de
terre. Paradoxalement, l'équipartition des modes de vibration de
la croûte terrestre qui naît du désordre en est indépendante.
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Capteur
sismique de type CMG40T utilisé au cours des enregistrements
au Mexique.
D.R.
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L'analyse
des données recueillies à Chilpancingo montre que les différents
rapports énergétiques fluctuent énormément
lors des arrivées des ondes cohérentes et se stabilisent
dans la coda. Durant les quelques minutes de la coda, les rapports énergétiques
fluctuent de quelques pourcents alors que l'énergie décroît
d'un facteur 10 000. Par ailleurs, ces rapports sont indépendants
des différents tremblements de terre et en parfait accord avec
les valeurs prédites théoriquement. La croûte terrestre,
au Mexique, est donc suffisamment hétérogène pour
mettre les ondes sismiques dans le régime de la diffusion multiple.
Outre l'aspect de simple connaissance, le fait d'avoir montré que
les ondes sismiques sont rapidement diffuses constitue à la fois
une bonne et une mauvaise nouvelle. Une mauvaise nouvelle, dans la mesure
où les chercheurs ne pourront pas utiliser les techniques habituelles
pour imager la Terre avec la coda sismique, qui représente pourtant,
en volume, la principale part des observations. Une bonne nouvelle, car
les méthodes d'imagerie en milieu hétérogène
ont connu de grands progrès en optique et que ces méthodes,
qui utilisent le caractère extrêmement simple des propriétés
des champs diffus, pourront être développées en sismologie.
Un champ nouveau est à explorer.
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Enregistrement
sismique d'un des 11 séismes. La coda sismique s'étend
sur plusieurs minutes
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Références
:
Observation
of Equipartition of Seismic Waves. R. Hennino, N. Trégourès,
N. Shapiro, L. Margerin, M. Campillo, B. van Tiggelen and R. Weaver.
Physical Review Letter. (2001) Vol. 86, pp. 3447-3450.
The
energy partitioning between P and S waves and the diffusive character
of the seismic coda. N. Shapiro, M. Campillo, L. Margerin, S.K. Singh,
V. Kostoglodov and J. Pacheco. (2000) Bull. Seism. Soc. Am. Vol.
90, pp. 655-665.
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Notre
connaissance de la structure interne de la Terre repose en grande
partie sur la sismologie. Dans une première approche, on
considère que les ondes sismiques émises par les
séismes se propagent dans la Terre suivant les lois de
l'optique géométrique. Cette approche a permis l'identificatuion
des grandes structures de la Terre (noyau interne et externe,
manteau et croûte) et a servi à localiser les épicentres
des tremblements de terre.
Cependant,
un signal sismique est bien plus complexe qu'une succession d'arrivées
cohérentes. Après celles-ci, et durant plusieurs
minutes, le sol continue à vibrer alors qu'une source sismique
ne "dure" que quelques secondes. Cette partie des enregistrements
sismiques est appelée la coda sismique, en référence
à la coda musicale, marquant la fin d'un morceau de musique.
Bien
que composée d'ondes incohérentes, la coda n'est
en rien assimilable à du bruit. Par exemple, deux tremblements
de terre situés en un même site mais à des
années d'intervalle produisent des codas sismiques parfaitement
identiques. De plus, l'évolution temporelle de l'énergie
dans la coda est indépendante de la source de sa nature,
position et magnitude et reflète les propriétés
locales du milieu dans lequel se propagent les ondes.
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1
CNRS-Université Joseph Fourier.
2
Dans une cathédrale, le son dû au claquement des mains
est complètement altéré par les multiples réflexions
sur les murs, statues, plafonds etc. Il nous parvient alors un brouhaha
de sons de toutes les directions.
3
énergie cinétique sur énergie potentielle ou énergie
de cisail-lement sur énergie de compression etc.
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