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Les
progrès de l'informatique ont entraîné une forte mutation
des sciences de l'ingénieur. La mécanique en particulier
est devenue la science de la modélisation et du virtuel. Le Laboratoire
de mécanique et technologie1 (LMT) s'est associé au Centre
de mathématiques et de leurs applications1 (CMLA) et au Laboratoire
d'électricité signaux et robotique1
(LESIR) dans un projet de plate-forme d'essais sur structures dans leur
environnement. Ce programme commun vise à revisiter les "essais
de validation" pour améliorer le virtuel à partir des
situations réelles les plus pertinentes. Les chercheurs espèrent
ainsi pouvoir maîtriser et améliorer les modèles de
matériaux et de structures utilisés pour une application
donnée tant du point de vue de l'intégrité ou de
la sécurité que de l'optimisation du couple matériau/structure.
La plate-forme devrait être opérationnelle en novembre 2001.
Les
nouvelles possibilités en matière de simulation permettent
de modifier en profondeur le dialogue "virtuel/réel".
L'objectif est de diminuer le nombre d'essais tout en les optimisant et
en les capitalisant pour améliorer la maquette virtuelle par confrontation
au réel. Depuis une quinzaine d'années, des outils véritablement
quantitatifs servent à déterminer l'écart "
virtuel/réel ". Par rapport à ces objectifs, les essais,
notamment de validation, ont peu évolué. Au moyen d'essais
sur minis structures représentatives, de mesures associées,
en particulier de champs, et de comparaison à des simulations du
modèle théorique, la plate-forme vise au développement
de nouvelles méthodes tirant parti au mieux des progrès
fantastiques que le calcul scientifique a connu ces vingt dernières
années.
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Maillage
de la coque d'un avion (100 000 degrés de liberté
environ).
Figure publiée avec l'aimable accord de EADS-Toulouse.
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La plate-forme proprement dite est pensée comme un outil totalement
modulaire, permettant de tester sous des sollicitations complexes et indépendantes
des structures de formes et de rigidités diverses. Elle est constituée
d'un massif isolé permettant de tester des structures telles des
voitures, des petits satellites dans les domaines statiques et vibratoires.
Ouverte, elle permettra d'intégrer, au cas par cas, les moyens
de simulation de l'environnement (bacs, enceintes
) et les méthodes
de mesures les plus variées. Les traitements en temps réels
seront facilités par la mise en liaison de la plate-forme et du
calculateur parallèle implanté au LMT-Cachan et partagé
avec l'École Centrale et l'École des Mines d'Évry.
D.R.
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Exemple
de la maquette virtuelle d'un matériau 4D, et répartition
des contraintes dans une section représentative.
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Cette
plate-forme devrait permettre des progrès significatifs dans la
maîtrise de modèles complexes grâce, notamment, au
couplage " simulation/essai ". Différentes classes d'essais
pourront y être effectués :
des
essais de recalage (voir encadré) de modèles
de "structures réelles" ;
des
essais sur mini-structures (voir encadré),
représentatifs des sollicitations subies en service (gradients
de contraintes, environnement...) ;
des
essais pseudo-dynamiques, facilitant l'acquisition et le traitement
des données expérimentales pour des situations virtuelles
dynamiques, au moyen d'essais statiques équivalents.
Cette dernière technique est utilisée aujourd'hui, dans
le domaine linéaire, notamment au Centre commun de recherche
européen à Ispra en Italie. Des partenariats avec différents
industriels, EADS, EDF, Industries automobiles
sont actuellement
en cours pour développer des méthodes scientifiques permettant
de traiter, dans leur ensemble, les questions liées à
l'identification, au calcul et au dimensionnement d'un objet industriel.
Ces essais
demanderont de développer de nouvelles méthodes en matière
de :
mise
au point de moyens et de traitements de la mesure (en temps réels
sur des objets tridimensionnels) ;
développement
de capteurs et méthodologie de dépouillement associée
;
conception de
logiciels de pilotage fondés sur le traitement de données,
au moyen d'algorithmes d'asservissement et de traitements statistiques.

D.R.
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Exemple
d'une carte d'endommagement résultant d'un petit choc
sur composite stratifié.
Résultats de calcul sur maquette virtuelle 3D à
105 degrés de liberté.
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Recalage
: essais sur structures "réelles"
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Prenons
l'exemple du recalage du modèle dynamique d'une structure
à l'aide d'essais de vibrations, problème souvent
rencontré dans l'aéronautique, l'aérospatiale,
l'automobile...
Le
modèle mathématique utilisé est caractérisé,
après discrétisation, par une matrice de rigidité
et par une matrice de masse. Leur exploitation permet de calculer
les modes propres et fréquences propres théoriques.
À côté de cette modélisation, des
essais ont été effectués, les résultats
portant sur les premiers modes et fréquences propres.
Mais il peut y avoir des différences sensibles avec les
prévisions du modèle, dues, le plus souvent, aux
défauts de modélisation inhérents à
certaines parties, difficilement modélisables, comme
les assemblages.
Pour
les structures complexes, il n'est pas possible de mettre en
doute tous les paramètres structuraux, la question clé
est donc de localiser les zones erronées. De plus, la
quantité d'informations expérimentales est faible
par rapport au nombre d'inconnues du problème, ces quantités
expérimentales n'étant pas toutes précises,
ni fiables. Par conséquent, il est difficile de trouver
une maquette virtuelle en parfaite adéquation avec les
essais.
Les
scientifiques impliqués dans le projet de plate-forme
ont développé un processus de recalage qui distingue
les informations fiables de nature théorique ou expérimentale
(principe fondamental de la dynamique, principes de la thermodynamique)
des informations moins fiables (modèle de matériau...).
Cette méthode a déjà fait ses preuves pour
le modèle linéaire des vibrations libres. Les
travaux actuels portent sur la prise en compte de l'amortissement
et des non-linéarités éventuelles (contact,
jeu...).
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Identification
: essais sur mini-structures
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L'approche
classique d'identification du comportement mécanique
des matériaux suppose que l'on peut définir un
élément de volume représentatif soumis
à des conditions aux limites homogènes. Des progrès
considérables ont été réalisés
dans le domaine non-linéaire pour des situations homogènes
(plasticité, visco-plasticité, endommagement).
La
plate-forme, au moyen d'essais sur mini-structures représentatives,
permettra des approches nouvelles dans les situations inhomogènes
où de nombreux progrès restent à accomplir
: caractérisation des matériaux aux différentes
échelles, en particulier des matériaux à
méso-structure (composite) ; modélisation de la
rupture comme phénomène d'instabilité lié
à la croissance de micro-défauts qui se localisent
sous forme d'une zone totalement dégradée (macro-fissures)
; étude des matériaux soumis à des gradients
macroscopiques inévitables près des bords des
zones d'introduction d'efforts, des liaisons ; modélisation
et identification de ces liaisons ; caractérisation de
matériaux à fluctuations importantes de propriétés
par rapport à la moyenne.
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1
CNRS-ENS Cachan.
Ces recherches touchent également aux domaines des mathématiques
appliquées, de l'automatique, et seront développées
également en partenariat avec des organismes extérieurs
comme l'Office national d'études et de recherches aérospatiales
(ONERA).
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