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La
direction générale du CNRS vient d'attribuer la Médaille
d'Or du CNRS pour l'année 2001 à Maurice Godelier, Directeur
d'études de classe exceptionnelle à l'école des Hautes
Etudes en Sciences Sociales. Anthropologue de réputation internationale,
Maurice Godelier est un spécialiste des sociétés
d'Océanie. Entre 1967 et 1988, il a vécu parmi les Baruya,
une société des hautes terres de la Nouvelle-Guinée
à laquelle il a consacré de nombreuses enquêtes de
terrain. Outre ses recherches sur l'Océanie, illustrées
par de nombreuses publications et la production de films, Maurice Godelier
a exploré plusieurs domaines essentiels pour le développement
des sciences sociales et a également consacré une part importante
de son activité à la politique scientifique. Il a été
directeur scientifique au CNRS, responsable du département des
Sciences de l'homme et de la société de 1982 à 1986.
Il est actuellement membre du Conseil national de la science, vice-président
du Conseil national de coordination des sciences de l'homme et de la société.
Il est par ailleurs chargé par le Premier ministre d'une mission
pour dresser l'état des lieux des sciences humaines et sociales
en France et promouvoir leur développement dans le cadre de la
construction de l'Espace européen de la recherche.
Maurice
Godelier est né le 28 février 1934 à Cambrai. Entré
premier à l'école normale supérieure de Saint-Cloud,
il est agrégé de philosophie, licencié en psychologie
et licencié en lettres modernes. Il entre à l'École
Pratique des Hautes Études en qualité de chef de travaux
auprès de Fernand Braudel puis devient maître-assistant de
Claude Levi-Strauss, alors professeur d'anthropologie au Collège
de France. En 1975, il est nommé directeur d'études à
l'école des Hautes études en Sciences Sociales.
Philosophe de formation, Maurice Godelier s'est très vite intéressé
à l'économie. Dès 1966, il publie aux éditions
Maspero un ouvrage consacré à la notion de Rationalité
et irrationalité en économie. Il est alors en France
l'un des fondateurs de l'anthropologie économique.
La carrière de chercheur de Maurice Godelier sera profondément
marquée par sa rencontre avec les Baruya, une société
sans classes et sans état, découverte par les australiens
en 1951 et caractérisée par une très forte inégalité
entre les sexes et de nombreuses institutions au service de la domination
masculine. Maurice Godelier a pu observer et analyser les transformations
de cette société d'agriculteurs-chasseurs qui, très
rapidement, est entrée dans l'économie de marché,
s'est retrouvée intégrée dans un État imposé
par l'occident et exposée au prosélytisme mission-naire
des églises chrétiennes. Mais parallèlement à
ces recherches liées au terrain, il a exploré plusieurs
domaines essentiels pour le développement des sciences sociales
: une réflexion sur les composantes "idéelles"
des rapports sociaux, sur la distinction nécessaire entre l'imaginaire
et le symbolique, sur la part du corps dans la constitution du sujet social
et plus récemment sur la distinction entre les choses que l'on
vend, les choses que l'on donne et celles qu'il ne faut ni vendre ni donner
mais transmettre.
Ces travaux ont donné lieu à la publication d'une série
d'ouvrages, traduits pour la plupart dans de nombreuses langues. Citons
:
La
production des Grands Hommes. Pouvoir et domination masculine chez les
Baruya
de Nouvelle Guinée. Ed. Fayard (1982). Prix de l'Académie
française.
L'idéel
et le matériel. Ed. Fayard (1984).
L'énigme
du don. Ed. Fayard (1996).
La
production du corps. Approches anthropologiques et historiques et Le
corps humain, supplicié, possédé, cannibalisé.
Textes rassemblés et édités par Maurice Godelier
et Michel Panoff. Amsterdam, Archives contemporaines (1998).
Maurice
Godelier a collaboré en tant que conseiller scientifique à
la réalisation de plusieurs films sur les Baruya : Planète
Baruya (1976), réalisé par le cinéaste australien
Ian Dunlop, ainsi que les deux films réalisés par Marek
Jablonko et Stephen Olsson, cinéastes, et Allison Jablonko, anthropologue
(États-Unis) : To find the Baruya story et Son nom
est venu avec des flèches (1982).
Il est également l'auteur avec Jacques Kerchache du cédérom
"Chefs d'uvre et civilisations - Afrique, Asie, Océanie,
Amériques" qui a reçu en 2000 le "Best of"
des cédérom culture ainsi que l'Eurêka d'Or. Il
a par ailleurs publié plus de deux cents articles dans différentes
revues françaises et étrangères.
Outre son activité de chercheur, Maurice Godelier s'est toujours
impliqué fortement dans la politique scientifique. En 1982, Jean-Pierre
Chevènement, alors ministre de la Recherche et de l'industrie,
le charge d'une mission destinée à faire des propositions
de réformes des sciences humaines et sociales en France. Ses
propositions sont présentées dans un rapport de 600 pages
intitulé : Les Sciences de l'Homme et de la Société
en France. Analyse et propositions pour une politique nouvelle (La
Documentation française, 1982). Elles préconisent la fin
de la division entre Humanités et Sciences sociales et la création
d'un unique département scientifique réunissant ces deux
ensembles de disciplines au CNRS : le département des Sciences
de l'homme et de la société.
Maurice Godelier en devient le directeur de 1982 à 1986. En 1995,
il crée le Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie
(CREDO) qu'il dirige jusqu'en 1999. De 1997 à 2000, il est directeur
scientifique du Musée du Quai Branly.
Maurice Godelier est officier de la Légion d'Honneur. Il est
lauréat du Prix de l'Académie française (1982)
et du Prix international Alexander von Humboldt en Sciences sociales
(1990).
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Trois
films sur les Baruya à la cinémathèque du
CNRS
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Planète
Baruya (1976, 3 h 22) ;
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To
find the Baruya story (1982, 1 h) ;
-
Son
nom est venu avec des flèches (1982, 25').
Ces trois films décrivent la vie des Baruya et le travail
de terrain mené par Maurice Godelier.
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Pour
en savoir plus sur ces trois documents,
contacter CNRS Diffusion Vidéothèque Photothèque
:
Sophie DESWARTES, tél. : 01 45 07 56 91 - mél :
deswartes@cnrs-bellevue.fr
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