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Des
radio-astronomes1 de
l'Observatoire de Paris-Meudon ont réalisé avec le Radio-Héliographe
de Nançay la première cartographie en ondes radio d'une
éjection de masse coronale (Coronal Mass Ejection, CME) du 20 avril
1998 et d'un ensemble de bulles en expansion rapide qu'elle a formé
autour du Soleil. Ces résultats apportent une meilleure compréhension
des phénomènes associés à ces orages de notre
étoile, qui perturbent tout le milieu interplanétaire.
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Antennes
de Radio-Héliographe de Nançay
© Observatoire de Paris |
Jusqu'à
présent, les éjections de masse coronales (CME, voir
encadré) n'étaient photographiées à de
grandes distances du Soleil que dans le visible et dans l'UV, essentiellement
à partir de l'espace. Les CME sont observées dans le visible
grâce à des coronographes embarqués sur satellite.
Le Soleil est placé sous la haute surveillance quotidienne du satellite
SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), en particulier au moyen du
coronographe LASCO (Large-Angle Spectrometric Coronograph). L'absence
d'atmosphère permet d'observer la lumière solaire diffusée
par la couronne solaire très lointaine et par les CME lorsqu'elles
se produisent.
Cette première image dans le domaine radio apporte un éclairage
nouveau sur ces éjections violentes de matière et leurs
relations avec les éruptions solaires, les particules très
énergétiques éjectées et les émissions
radioélectriques. L'avantage de l'imagerie radio est que l'observation
se fait à partir du sol et qu'il n'est pas nécessaire d'occulter
le disque du soleil pour voir la couronne : on peut ainsi observer plus
près de la surface et percevoir la genèse des CME.
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Les éjections de masse coronales (CME) |
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Les
CME sont dues à de puissantes explosions magnétiques
dans la couronne du Soleil, qui projettent le plasma ionisé
dans l'espace interplanétaire, et le gaz neutre associé
par collision. Les éjections de masse coronale transportent
des milliards de tonnes de matière. La détente, dans
l'espace interplanétaire peu dense, du plasma initialement
comprimé par les fortes pressions existant à la surface
du Soleil, augmente son volume jusqu'à des tailles supérieures
à celle du Soleil. Une gigantesque bulle de plasma s'éloigne
à vitesse supersonique du Soleil, à plus de 300 000
km/h, en ouvrant les lignes de force du champ magnétique
solaire.
À
son arrivée au voisinage de la Terre après trois à
quatre jours, la CME interagit avec le champ magnétique terrestre,
produit des aurores boréales et australes, des orages géomagnétiques,
perturbe les communications radio, les satellites et les systèmes
de distribution d'électricité.
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(a)
Image LASCO obtenue à 10:04:51 UT, juste avant la première
détection radio du CME. (b) Image radio de la CME, au flux
maximum à 164 MHz à 10:13:23 UT. Les lignes blanches
; rappellent la position de la bulle vue par LASCO en a) et c).
(c) Image LASCO à 10:31:20 UT juste après que la CME
ne soit plus détectable en radio. (d), (e) et (f) Images
radio de la CME à 236,6, 327 et 421 MHz, respectivement.
(g) Distances au Soleil,
en fonction du temps, de la bulle CME dans les diverses longueurs
d'onde.
D.R.
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L'image
radio de la puissante CME du 20 avril 1998 montre un ensemble de bulles
ou boucles assez similaires à celles observées dans le visible
par LASCO. D'après le spectre de l'émission radio observée
à plusieurs fréquences, on peut déduire qu'il s'agit
de l'émission synchrotron d'électrons relativistes (0,5-5
Mev d'énergie) spiralant dans un champ magnétique de 0,1
à quelques Gauss.
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Image
radio obtenue à Nançay de la CME du 20 avril 1998.
L'émission constante du disque solaire a été
soustraite (disque indiqué). On aperçoit une émission
radio variable au Nord-Ouest, et la grande bulle du CME au Sud-Ouest.
D.R.
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L'imagerie
radio est la seule technique qui localise les électrons accélérés
qui quittent le Soleil. On peut ainsi visualiser les sites d'accélération,
les structures magnétiques qui guident ces particules et les ondes
de choc. Sa capacité à observer au-dessus du disque solaire
lui permet de détecter les phénomènes solaires qui
vont avoir un impact sur l'environnement terrestre. Ceci confère
à cette technique une importance considérable dans l'étude
des relations Soleil-Terre, domaine de recherche en plein développement.
Le Radio-Héliographe de Nançay est actuellement le seul
instrument fournissant quotidiennement des images radio au-delà
de la très basse couronne.
Référence
:
Bastian
T. S., Pick M., Kerdraon A., Maia D., Vourlidas A. The Coronal Mass
Ejection of 1998 April 20: Direct Imaging at Radio Wavelengths. The
Astrophysical Journal. 558, L65-69, September 2001.
1 En collaboration avec :
Tim
Bastian, du NRAO (National Radio Astronomy Observatory, Charlottesville,
USA) ;
Angelos
Vourlidas, du NRL (US Naval Research Laboratory, Washington D.C., USA).
Ces travaux sont financés par le ministère de l'éducation
nationale, le CNRS et la Région Centre et soutenus par le Centre
national d'études spatiales (CNES).
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