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Des
chercheurs du Laboratoire d'astrophysique de l'Observatoire de Grenoble1
ont développé2
un instrument permettant de recombiner les faisceaux optiques provenant
de plusieurs télescopes dans le cadre d'une observation interférométrique.
Cet instrument fonctionnant dans le proche infrarouge utilise les technologies
de l'optique intégrée. Développé par le Laboratoire
d'électromagnétisme microondes et optoélectronique3
(LEMO/ENSERG) et le département de microtechnologie du Laboratoire
d'électronique, de technologie et d'instrumentation4
(DMITEC/LETI/CEA). L'instrument, IONIC (Integrated Optics Near Infrared
Combiner), il a été testé avec succès à
l'interféromètre IOTA (Infrared-Optical Telescope Array
du Center for Astro-physics5,
Whipple Observatory, en Arizona). La technologie de l'optique intégrée
permet dans ce cas de combiner sur un seul composant miniature (de la
taille d'une allumette) l'ensemble des faisceaux issus des télescopes
et ceci avec une très grande souplesse d'emploi et une excellente
stabilité.
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Photos
des composants LEMO et LETI superposés à l'image des
télescopes d'IOTA.
© Cfa pour image de IOTA ; LAOG Alain Delboulbe pour l'encart
des composants.
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Pour
obtenir une information de haute qualité permettant de reconstruire
une image, un grand nombre de télescopes doit être relié
avec une précision meilleure que la longueur d'onde utilisée
(environ 1 micromètre). Le principe utilisé depuis 50 ans
en radioastronomie présente encore quelques difficultés
de mise en uvre pour les longueurs d'onde optique. En effet, contrairement
au cas de la radio, les faisceaux optiques doivent être acheminés
de manière cohérente jusqu'à une station centrale
pour y être combinés. Le Laboratoire d'astrophysique de l'Observatoire
de Grenoble a développé l'instrument IONIC (Integrated Optics
Near infrared Combiner) en utilisant les technologies de l'optique intégrée.
Cet instrument comporte l'intégralité du système
de recombinaison des faisceaux sur un seul composant de quelques centimètres
carré. Cette technique de pointe simplifie considérablement
le concept instrumental des interféromètres optiques et
garantit une stabilité instrumentale remarquable.
Les technologies de l'optique intégrée permettent d'implanter
l'ensemble d'un circuit optique sur une plaquette de la longueur d'une
allumette. Ces technologies ont été développées
dans le cadre des télécommunications optiques pour les longueurs
d'onde du proche infrarouge (entre 0,8 et 1,6 micromètres). Le
LEMO et le LETI ont fourni des composants spécifiques aux besoins
de l'interférométrie pour l'astronomie qui ont permis de
combiner les faisceaux provenant de deux télescopes de l'interféromètre
IOTA du Center for Astrophysics. Le composant du LEMO utilise une technique
d'échange d'ions dans un substrat de verre pour implanter des guides
de lumière dans la plaquette (les ions du verre sont remplacés
par des ions plus lourds modifiant localement l'indice du verre et créant
un guide d'onde). Les composants fournis par le LETI sont fabriqués
à partir de couches de silice déposées sur un substrat
de silicium pour former les guides d'ondes et les différentes fonctions
optiques nécessaires.
Les premières franges de IONIC ont été obtenues dimanche
26 novembre 2000 en fin de nuit sur IOTA avec deux télescopes de
45 cm espacés de 25 m sur une base Nord-Sud. Pendant la campagne
d'observation du 23 au 30 novembre 2000, une vingtaine d'étoiles
a été observée dans une gamme de longueurs d'onde
comprise entre 1,4 et 1,8 micromètres (bande " H " de
transmission de l'atmosphère). L'étoile la plus faible observée,
HR4035, a une magnitude + 1,5 dans cette bande atmosphérique. La
recherche de magnitude limite n'a pas été considérée
comme une priorité, le dispositif expérimental ne permettant
pas d'identifier facilement les sources de pertes.
Le type de recombinaison des faisceaux a été changé
entre deux nuits d'observation, sans autre difficulté que le remplacement
du composant lui-même. Ceci montre la souplesse apportée
par l'utilisation de l'optique intégrée planaire ouvrant
des perspectives intéressantes, en particulier pour la recombinaison
d'un plus grand nombre de télescopes dans le proche avenir.
Cette "première" ouvre la voie à une nouvelle
génération d'instruments basée sur une technologie
de pointe. Il devient ainsi possible de combiner sur un seul composant
miniature l'ensemble des faisceaux issus d'un grand nombre de télescopes,
tout en assurant une excellente stabilité, puisque la lumière
reste confinée dans une seule plaquette. Ces résultats valident
une solution élégante pour la recombinaison de l'ensemble
des télescopes d'un grand réseau interférométrique
comme le VLTI au Chili (4 télescopes de 8 m et 3 télescopes
de 1,8 m), ou dans un avenir plus lointain pour la recombinaison d'un
réseau interférométrique dans l'espace, comme prévu
dans la mission DARWIN de l'ESA.
L'équipe maintenant prépare l'étape suivante qui
consiste à installer un composant permettant la recombinaison de
trois télescopes sur IOTA, le troisième télescope
étant actuellement en cours d'implantation sur le site, par les
équipes américaines.
Référence :
Berger J.-P.,
Haguenauer P., Kern P., Perraut K., Malbet F., Schanen I., Severi,
M., Millan-Gabet R., Traub W. 2001, A&A 376, L31-L34 - "Integrated
optics for astronomical interfero-metry. IV. First measurement of
stars".
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Image
en 3 dimensions des signaux en sortie du composant LETI : deux
voies centrales fournissant des interférences en opposition
de phases et à l'extérieur les voies photométriques
des deux télescopes.
© Photo : Millan Gabet
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Image
en 3 dimensions des signaux en sortie du composant LEMO : une
voie interférométrique encadrée par les
voies photométriques des deux télescopes.
© Photo : Millan Gabet
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1
CNRS-Université Joseph Fourier.
2
Ce travail a été possible grâce aux soutiens des
organismes suivants : le CNRS, le CNES,
l'Observatoire de Grenoble, le LEMO, le LETI, l'Université Joseph
Fourier de Grenoble et le Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics
(USA).
3
CNRS-Institut polytechnique de Grenoble.
4
CEA.
5
CfA Harvard/Smithsonian, Mont Hopkins, Arizona.
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