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Le
contrôle de qualité prend de plus en plus d'importance dans
le milieu industriel (mécanique, automobile, aéronautique,
agro-alimentaire, etc.). La génération et la détection
des ultrasons par laser réalisées sans contact permettent
d'effectuer un contrôle non destructif, une cartographie rapide
de la pièce, et ne nécessitent pas l'arrêt de la chaîne
de travail. Des chercheurs du Laboratoire Charles Fabry de l'Institut
d'optique1 (LCFIO) et
de l'Institut des matériaux industriels2
(IMI) ont mis au point un interféromètre adaptatif fondé
sur l'holographie dynamique qui permet le contrôle de matériaux
ou de structures de surfaces rugueuses et de formes complexes avec une
excellente sensibilité. Dans ce dispositif, le mélange dans
un matériau non linéaire de l'onde signal, onde tavelée
diffusée par la pièce et portant l'information ultrasonore,
avec une onde de référence, donne automatiquement naissance
à une onde, dite onde oscillateur local, dont la direction et le
front d'onde sont toujours identiques à ceux de l'onde signal3.
Défauts,
fissures, porosités, délaminages, inclusions, etc. sont
mis en évidence car ils modifient l'amplitude et la vitesse de
propagation des ondes ultrasonores et donc les signaux recueillis par
l'interféromètre. Les amplitudes de déplacement de
surface produit par l'onde ultrasonore étant très faibles
(inférieures au nm), le capteur interférométrique
doit avoir une grande sensibilité quels que soient les coefficients
de réflexion et de diffusion du matériau.
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Cartographie
ultrasonore (obtenue par l'IMI) d'une pièce de test, qui
montre la présence de trous "aveugles" dans une
pièce de composite d'environ 25 mm d'épaisseur.
© CNRC.
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Les
performances du capteur d'ultrasons développé par le LCFIO
et l'IMI en font un outil particulièrement adapté à
la détection de défauts dans les pièces en composite
qui seront installées dans les futurs avions civils et militaires.
Différents types de matériaux non linéaires peuvent
être utilisés pour réaliser l'adaptation automatique
de fronts d'ondes, permettant un fonctionnement dans le visible comme
dans l'infrarouge. Le système commercialisé utilise actuellement
un cristal de phosphure d'indium (InP) bien connu en microélectronique.
Les recherches " matériau " menées conjointement
par le laboratoire Charles Fabry de l'Institut d'optique et l'Institut
de chimie de la matière condensée de Bordeaux du CNRS (ICMBC)
ont montré que le tellurure de cadmium (CdTe) devrait permettre
d'accroître encore les performances.
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Philippe
Delaye et Gérald Roosen du Laboratoire Charles Fabry de l'Institut
d'optique, Alain Blouin et Jean-Pierre Monchalin de l'Institut des
matériaux industriels ont reçu le 11 juillet 2001,
lors de la 8e conférence internationale sur "les effets
photoréfractifs, matériaux et applications" (Chicago),
le prix de la meilleure application pour leurs travaux sur "la
détection optique des ultrasons par mélange à
deux ondes photo-réfractif". L'interféromètre
adaptatif développé dans le cadre d'une collaboration
CNRS-CNRC (Programme international de coopération scientifique)
est commercialisé par la PME Tecnar-Automation sous le nom
de "TWM Photorefractive Laser Ultrasonic Detector" et
est maintenant opérationnel chez plusieurs industriels. La
collaboration entre le LCFIO et l'IMI se poursuit dans le cadre
du projet INCA (Improved NDE Concepts for innovative Aircraft structures
and efficient operational maintenance, 2001-2005, soutenu par le
programme européen "Competitive and sustainable growth")
qui regroupe les principaux acteurs de l'industrie aéronautique
européenne.
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1
CNRS-Institut d'optique.
2
Centre national de recherche du Canada (CNRC).
3
La détection de la modulation ultrasonore est ensuite effectuée
de façon classique (interférence des ondes signal et oscillateur
local), mais, dans ce dispositif, l'adaptation dynamique de front d'onde
permet d'atteindre la sensibilité maximale de détection,
c'est-à-dire la limite théorique.
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